mardi 5 mai 2026

Le très long chemin de la revanche

 Aharon Appelfeld, La ligne, (en anglais The Iron Tracks), traduit de l'hébreu (édition Keter, 1991) par Valérie Zenatti, Editions de l'Olivier / Points, 187 p.

"Les trains m'ont rendu libre... Je hais ces terriers laids que l'on nomme des maisons", déclare dès les premières pages, le héros du livre, un Juif "n'observant pas la tradition". Dans les trains, il est chez lui, dans les wagons restaurants notamment : il donne un pourboire au serveur qui change de poste et passe pour lui de la musique classique. "Je suis chez moi ans tous les coins perdus". "Ma mémoire est mon grand malheur", dit encore notre héros qui a beaucoup vécu, et beaucoup retenu. Le livre raconte une longue errance qui le conduit, finalement, à son geste de revanche, lorsqu'il va retrouver l'assassin de ses parents.

Aharon Appelfeld est un auteur israélien majeur, germanophone d'abord et qui apprit l'hébreu dans ses vingt ans ; sa traductrice en français, son amie, Valérie Zenatti et son oeuvre, sont inséparables. Le roman, l'un des quarante et quelques écrits par l'auteur, est très élégamment traduit, suivant son rythme ferroviaire ; on croit suivre les éclisses des 32 brefs chapitres qui mènent le lecteur au bout de la voie. En cours de route, la philosophie est omni-présente, sans charabia, hésitante, tranquille. Le titre donné au livre en français est difficile à entendre, l'anglais me paraît plus clair.

Finalement, un très beau livre, un roman qui se lit par étape et qui invite à réfléchir, sans y prétendre.

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