Ingeborg Bachmann, Toute personne qui tombe a des ailes - Poèmes 1942-1967, édition bilingue, traduction de l'allemand par Françoise Rétif, Paris, 2025, 590 p.
C'est une belle et nouvelle édition, et plus complète, que nous donnent les éditions Gallimard avec ce recueil des poèmes d'une vie, d'une vie de femme autrichienne de seize à quarante-sept ans. L'édition bilingue permet aux lectrices et lecteurs germanophiles d'aller de l'allemand original au français traduit et retour pour mieux comprendre le poème allemand, tous les jeux de mots, toutes les allusions mais aussi tous les doutes. Car la compréhension d'un poème est affaire de doutes plus que de certitudes...Si elle a soutenu une thèse sur Martin Heidegger (en 1985), en France, nous connaissons d'abord Ingeborg Bachmann grâce à Paul Celan et l'on peut - Françoise Rétif nous y aide dans sa préface- trouver des influences de l'un/e à l'autre. Car un dialogue s'est noué entre les poèmes de l'une et de l'autre, influences biographiques et poétiques, "getauscht, um getröstet zu sein" ("échangés pour être consolés"). Voir "le poème au lecteur" (pp. 423) : "Denn ich vergehe nach dir" ("Car je languis loin de toi").
Pour l'essentiel, l'oeuvre de Ingeborg Bachmann est méconnue du grand public francophone. Cet ouvrage devrait lui permettre d'entendre cette parole poétique d'une femme de langue allemande.
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