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dimanche 7 septembre 2014

Digital Signage : des écrans partout


Justin Ryan, Digital Signage Power. An Expert's Guide to Mastering the Technology, 2014, Lulu.com, 11,79 $ (eBook), 119 p. Pas d'index, pas de table des matières...

Voici la présentation de ce petit livre telle que rédigée par l'éditeur : "This Easy-to-Read Book Tells You Everything You Need to Know to Put the “Digital Signage Revolution” To Work In Your Business – And Make More Money Than All Your Competitors Combined!" (ici)
Tout n'est pas faux dans cette annonce : le livre est bref, il se lit aisément. Il est consacré essentiellement à la dimension technique du média. Les techniciens et ingénieurs du domaine n'y apprendront pas grand-chose. Et ils regretteront l'absence du marketing ou du droit.
Le DOOH pour les Nuls ? Presque.

L'ouvrage décrit, chapitre après chapitre, les composantes technologiques essentielles du DOOH : le media player et ses différentes configurations, les écrans, leurs caractéristiques et leur installation, la création de contenus vidéo, le marketing de ce média, etc. A la fin de l'ouvrage, des chapitres traitent rapidement de quelques cas : magasin de chaussures, succursale de banques, bijouterie, chaîne de supermarchés, épicerie ; mais pas d'exemple dans les transports ou les institutions culturelles (musées, cinéma, etc.), dans les stades ou les universités.

Avec le DOOH, la révolution numérique se propage - et s'aventure - dans un secteur nouveau, encore peu exploré. Prenons cette publication comme un symptôme du développement d'un nouveau monde publicitaire, celui des écrans hors des foyers, Digital Out Of Home (DOOH) que l'on traduit, faute de mieux, par "affichage numérique". Parler de publicité sur écran hors des foyers serait plus juste, mais inélégant. Suggestions anyone?
  • Ce média relève de la publicité extérieure puisqu'il est présent hors des foyers et souvent proche des affichages papier (dans le métro parisien, par exemple, Media Transports).  
  • Il  s'apparente à la PLV puisqu'il est installé dans les points de vente, dans les vitrines et se substitue au carton. 
  • Cela ressemble à de la télévision puisqu'il y a diffusion de vidéos sur des écrans, avec des formats publicitaires identiques à ceux de la télé. Cela ressemble à de la télévision aussi avec une structure en network qui peut épouser les réseaux de magasins (concession automobile, banque, assurance, bureaux de poste, hypermarchés, etc.) et associer ainsi contenus locaux et contenus nationaux (repiquages, etc.).
  • Cela n'est pas loin du Web non plus, puisqu'il peut y avoir mesure continue des audiences, planning et achat programmatiques en temps réel, liaison avec le mobile (identifiants uniques cross-devices). La mesure peut prendre en compte la visibilité et une certaine forme de capping.
Cette assimilation commode par proximité porte pourtant au contresens. Par exemple, à la différence de la télévision, dans la plupart des cas, le DOOH n'inclut pas de son. À la différence de l'affichage papier, toujours de longue durée, la présence des messages peut être brève, répétée et, surtout, elle peut être planifiée par tranche horaire, et adaptée sans délais ou presque (creative optimization). Ces différences, ici brièvement évoquées, ne sont pas sans conséquences : par exemple, dans l'écosystème publicitaire classique, quel département / service traiteront le DOOH pour la création, pour l'achat ? L'affichage ? La télé ? Le Web ? Qui dispose en agence d'une expertise transférable ?

On notera l'absence de la mesure des audiences et des contacts, tellement importante pour les régies publicitaires et les annonceurs (pour les nouvelles offres de mesure des audiences DOOH, voir Eikeo ou Quividi) ; l'interactivité est à peine évoquée alors qu'il s'agit d'un sujet critique, même si l'intérêt d'une interactivité individuelle dans un espace public reste discutée, au-delà de l'événementiel et des OPSpé. Liés à la mesure de l'audience des écrans et à l'interactivité, il faut évoquer la protection de la vie privée et le consentement nécessaire des passants et des clients à cette mesure (voir le document de la CNIL à ce sujet).

Voici un trop petit livre pour un si grand sujet d'économie publicitaire et de marketing hybride alors que la question de la relation entre points de vente physiques et e-commerce se pose de manière lancinante. Ce média est en train de devenir un élément majeur de l'écosystème publicitaire et commercial. Présent dans les transports et dans les points de vente, présent dans les lieux publics et dans les institutions d'éducation, il est par construction le média des actifs. Il mérite un livre plus copieux, plus détaillé pour décrire et poser les problèmes essentiels.


27 posts sur le DOOH dans MediaMediorum

Retailing and facial recognition, the future of DOOH?

Mobile while mobile. Public transportation users are addicted to digital

Tokyo Digital Subway: Holistic Communication and Mobility


























lundi 31 janvier 2011

Etude coïncidentale TV en Allemagne

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Karl-Heinz Hofsümmer, "Reichweitenmessung im Fernsehpanel 2010: Valide Daten für Werbung und Program. Ergebnisse eines Externen Coincidental Checks des AGF/GfK-Fernsehpanels, Media Perspektiven, 12/2010, pp. 588-598.

Une étude coïncidentale externe constitue le moyen le plus sûr de contrôler (überprüfen) la qualité d'une autre étude. Dans ce cas, l'enquête par téléphone vérifie la validité des déclarations d'audience effectuées (via télécommande) par les membres d'un panel audimétriques (AGF / GfK).
L'enquête coïncidentale a été menée par TNS EMNID auprès de 8 000 foyers (19 000 personnes de 3 ans et plus), répartis dans tous les Etats de l'Allemagne (Länder). Le terrain a eu lieu en avril -mai 2010. Les résultats de cet échantillon indépendant sont confrontés à ceux de l'audimétrie individuelle, utilisés par le marché publicitaire pour allouer ses budgets (planning, achat).
Dans l'ensemble, l'enquête coïncidentale a confirmé la validité des résultats audimétriques ; les taux d'audience observés s'avèrent légérement supérieurs à ceux de l'audimétrie individuelle. Les écarts les plus importants proviennent de l'audience des 3-13 ans et des 14-29 ans, sous-estimée par l'audimétrie (effet bien connu des audiences hors domicile, chez des amis, etc.).
Cette enquête analyse également la consommation télévisée en différé (zeitversetzte Fernsehnutzung) et les audiences hors domicile, celle des invités (Gästenutzung) mais aussi celle des téléspectateurs qui regardent  à l'extérieur, lors de grandes manifestations sportives (café, bars, etc.). Cette audience, l'audimétrie la sous-estime évidemment, par construction. Enfin, l'enquête apporte des éclairages sur les activités concomitantes de la consommation de télévision : manger, lire, travail domestique, Internet sont les plus importants. Les audiences pendant le travail professionnel et pendant que l'on s'occupe des enfants ("Kinder versorgt") sont négligeables. A retenir : la télé se regarde de plus en plus avec Internet et de moins en moins avec les repas.

Cette enquête, conduite régulièrement en Allemagne, est sur bien des points un modèle du genre (échantillonage, passation, etc.). Un travail plus approfondi pourrait comparer les bases des deux échantillonages : comment valide-t-on une étude de calage ? Notons d'ailleurs que ne sont pris en compte que les foyers avec téléphonie fixe et que les foyers de ressortissants allemands et européens : donc ni les "exclusifs mobiles" ni les populations hors Union européenne. Cela fait déjà beaucoup...

De telles enquêtes, coïncidentales et externes, sont importantes pour le marché télévisuel ; le CESP les recommande en France. Faut-il une validation par une enquête coïncidentale externe chaque fois qu'il y a panel (Internet, etc.) ? Quels quotas doivent être mobilisés, comment les faire évoluer pour prendre en compte des changements sociaux dont le rythme s'accélère : équipements, comportements média, mobilité géographique, professionnelle ? Ces questions méthodologiques, et leurs conséquences économiques, se posent partout dans le monde ; elles deviennent cruciales et appellent de lourds investissments de recherche alors que l'offre de télévision s'accoît de manière... démesurable.
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jeudi 18 mars 2010

Du magazine aux magasins

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Marie-Pierre Cueff, Du Magazine au Magazin. Maîtriser la mesure de l'efficacité publicitaire, éditions Mathoine, 2009, 203 p., Index, annexes

Le sous-titre énonce l'intention de l'ouvrage Marie-Pierre Cueff a rédigé un manuel d'utilisation publicitaire de la presse dont la clarté et le didactisme doivent beaucoup à son expérience professionnelle (L'ExpressLe Parisien, Mondadori).

La première partie est consacrée à la mesure de la presse : diffusion et audience. Description serrée, pointant la plupart des objets de débats, ne reculant pas devant des aspects parfois difficiles à vulgariser comme la probabilisation pour le média planning.
La seconde partie concerne les différentes modalités de la mesure de l'efficacité. Enfin, l'ouvrage traite des panels de consommateurs et de distributeurs.
Les annexes sont toutes utiles et utilisables. Table des matières limpide. Ce manuel sera bienvenu pour les étudiants (marketing, communication, publicité) mais aussi pour les stagiaires et les chargé(e)s d'études débutants en régie publicitaire ou en agence média. Il permettra aussi aux professionnels entrant dans les médias par Internet de mieux comprendre les fondations analogiques de la presse (legacy) et sa difficultueuse mutation numérique. La méthodologie et l'utilisation des audits du CESP mériteraient un développement.

Ce manuel présente deux limites. Tout d'abord, celle, inévitable, qui tient à l'évolution rapide de l'industrie publicitaire, et à sa transformation numérique galopante (analytics, écrans, DOOH, smartphone, eye tracking, e-commerce, etc.).
Ensuite, l'auteur a choisi de s'en tenir strictement au support papier et elle remplit ses objectifs. On peut, bien sûr, regretter que ne soit pas couverte l'approche globale des marques de presse pour le média planning, alors que le numérique représente une partie croissante des audiences totales de la presse magazine... Mais ceci ne retire rien aux qualités d'outil de travail de cet ouvrage pour l'utilisation publicitaire de la presse papier. L'annonceur, qui, rappelons-le, finance l'essentiel de la presse magazine, s'intéresse d'abord à des résultats indiscutables, mesurables : les ventes des produits en magasins. Où tout se joue, avec le packaging, le merchandising et la visibilité en linéaire. Comment apprécier la part de la presse magazine dans les ventes, d'autant que d'autres médias interviennent, la radio, la télévision, etc. Et puis la presse magazine est surtout un média d'image, donc d'image de marque. Efficacité rarement immédiate, difficile à mesurer.

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